21.03.2009
AUTOMOBILE, CONTINENTAL CLAIROIX, 1120 FAMILLES.
DEPUIS LE 23 FEVRIER 2008:
47 035 FAMILLES
L'usine Continental de Clairoix va fermer
12/03/2009
La direction du groupe allemand Continental a décidé la fermeture d'ici mars 2010 de son usine de pneumatiques de Clairoix (Oise). Cette unité emploie 1 120 salariés et possède une capacité de production de 7,5 à 8 millions de pneus par an.
Les délégués CFDT de l'usine Continental qui, depuis novembre 2008, alertaient l'opinion sur la probabilité d'une fermeture du site, n'avaient pas prévu cette annonce qui les a « assommés » selon leurs propres termes. Elle a été faite mercredi au cours d'un CCE extraordinaire par Bernhard Trilken, responsable industriel de la division pneumatiques tourisme de Continental. Ce dernier a informé les représentants syndicaux des entités de Continental France, puis les salariés rassemblés.
La surcapacité - estimée par la direction de Continental à 15 millions de pneus tourisme - est à l'origine de cette décision dans un contexte de « forte baisse » de la demande de pneus dits de « première monte » (pneus montés sur chaîne) et de « dégradation » du marché du pneu remplacement. « Nous sommes obligés de réagir, de nous adapter et réduire nos coûts » indique Bernhard Trilken. Continental a décidé de fermer le site de Clairoix jugé peu compétitif, explique-t-il en substance. L'équipementier automobile allemand va également fermer son usine de pneus pour poids-lourds de Hanovre, ville où le siège de Continental est implanté. 780 salariés sont concernés.
Interrogé mercredi soir pour l'Usinenouvelle.com sur les raisons qui ont conduit Continental à fermer le site picard plutôt qu'un autre, Bernhard Trilken a indiqué que ce site présentait les coûts de production les plus élevés par rapport aux autres sites européens de production de pneus tourisme.
Continental possède 8 usines en Europe, dont deux (l'une en République tchèque et l'autre à Aachen en Allemagne) présentent, selon lui, le même niveau de complexité que l'unité picarde qui produit toute la gamme des 14-18 pouces. « Mais l'usine de Clairoix est la plus chère », a-t-il insisté. Il a ajouté que « chaque pneu produit à Clairoix représentait un coût de 13 % supérieur à celui d'un pneu produit dans l'autre usine Continental du groupe en France », c'est-à-dire Sarreguemines (Moselle).
Les prévisions de production 2009 de l'usine de Clairoix n'en finissaient pas d'être revues à la baisse ces dernières semaines. Fin 2008, la direction du site annonçait un volume de 6 millions de pneus (contre 7 millions en 2008) à produire en 2009. En janvier, la barre était descendue à 5,7 millions. Et elle venait de descendre à 5,1 millions.
De leur côté, les salariés abasourdis ne manquent pas de rappeler qu'en 2007, ils ont accepté de repasser aux 40 heures à la demande du fabricant allemand. Celui-ci voulait mettre ses usines françaises au diapason de l'Allemagne dans ce domaine. L'usine avait, en effet, fait parler d'elle en 2007 avec cet accord « 40 heures » signé entre la direction de l'usine et le syndicat majoritaire CFTC allié à la CGC. Cet accord, né de la Loi sur la défiscalisation des heures supplémentaires, était destiné à lui permettre de réduire ses coûts en faisant passer le personnel posté (la moitié de l'effectif) de 37h30 à 40h au 1er janvier 2008. « Mais cela n'a pas suffi » observe aujourd'hui Bernhard Trilken ajoutant que cet accord avait été « conclu dans un contexte économique très dynamique ».
Des élus « consternés » qui en appellent à... Nicolas Sarkozy
L'annonce de la fermeture a fait réagir les élus de tous bords mercredi. Claude Gewerc, président PS du Conseil régional de Picardie s'est dit « consterné » par une « décision qui n'est justifiée par aucune réalité économique ». Le patron de la Région fait sans doute allusion au fait que si le groupe Continental vient d'annoncer une perte de 1,1 milliard d'euros, sa division pneumatiques, elle, n'est pas dans le rouge. Claude Gewerc a annoncé mercredi soir qu'il se rendrait ce jeudi matin à 8h sur le site de Clairoix. Il en appelle « solennellement au Président de la République » lui demandant de « mettre tout en œuvre pour obliger le groupe à revenir sur sa décision ». Quant à Caroline Cayeux, présidente du groupe UMP-nouveau centre et indépendants au Conseil régional, elle s'est également dite « consternée ». Elle ajoute avoir d'ores et déjà contacté le secrétaire CFTC du CE de l'usine pour « envisager avec lui les modalités d'action possible ». Enfin, elle a adressé une lettre à Angela Merkel et à Nicolas Sarkozy leur demandant « d'intervenir directement pour sauver ces emplois ». En attendant, elle appelle les Picards à un « rassemblement » devant l'usine de Clairoix lundi 16 mars à 18h.
De notre correspondante en Picardie, Claire Garnier
La surcapacité - estimée par la direction de Continental à 15 millions de pneus tourisme - est à l'origine de cette décision dans un contexte de « forte baisse » de la demande de pneus dits de « première monte » (pneus montés sur chaîne) et de « dégradation » du marché du pneu remplacement. « Nous sommes obligés de réagir, de nous adapter et réduire nos coûts » indique Bernhard Trilken. Continental a décidé de fermer le site de Clairoix jugé peu compétitif, explique-t-il en substance. L'équipementier automobile allemand va également fermer son usine de pneus pour poids-lourds de Hanovre, ville où le siège de Continental est implanté. 780 salariés sont concernés.
Interrogé mercredi soir pour l'Usinenouvelle.com sur les raisons qui ont conduit Continental à fermer le site picard plutôt qu'un autre, Bernhard Trilken a indiqué que ce site présentait les coûts de production les plus élevés par rapport aux autres sites européens de production de pneus tourisme.
Continental possède 8 usines en Europe, dont deux (l'une en République tchèque et l'autre à Aachen en Allemagne) présentent, selon lui, le même niveau de complexité que l'unité picarde qui produit toute la gamme des 14-18 pouces. « Mais l'usine de Clairoix est la plus chère », a-t-il insisté. Il a ajouté que « chaque pneu produit à Clairoix représentait un coût de 13 % supérieur à celui d'un pneu produit dans l'autre usine Continental du groupe en France », c'est-à-dire Sarreguemines (Moselle).
Les prévisions de production 2009 de l'usine de Clairoix n'en finissaient pas d'être revues à la baisse ces dernières semaines. Fin 2008, la direction du site annonçait un volume de 6 millions de pneus (contre 7 millions en 2008) à produire en 2009. En janvier, la barre était descendue à 5,7 millions. Et elle venait de descendre à 5,1 millions.
De leur côté, les salariés abasourdis ne manquent pas de rappeler qu'en 2007, ils ont accepté de repasser aux 40 heures à la demande du fabricant allemand. Celui-ci voulait mettre ses usines françaises au diapason de l'Allemagne dans ce domaine. L'usine avait, en effet, fait parler d'elle en 2007 avec cet accord « 40 heures » signé entre la direction de l'usine et le syndicat majoritaire CFTC allié à la CGC. Cet accord, né de la Loi sur la défiscalisation des heures supplémentaires, était destiné à lui permettre de réduire ses coûts en faisant passer le personnel posté (la moitié de l'effectif) de 37h30 à 40h au 1er janvier 2008. « Mais cela n'a pas suffi » observe aujourd'hui Bernhard Trilken ajoutant que cet accord avait été « conclu dans un contexte économique très dynamique ».
Des élus « consternés » qui en appellent à... Nicolas Sarkozy
L'annonce de la fermeture a fait réagir les élus de tous bords mercredi. Claude Gewerc, président PS du Conseil régional de Picardie s'est dit « consterné » par une « décision qui n'est justifiée par aucune réalité économique ». Le patron de la Région fait sans doute allusion au fait que si le groupe Continental vient d'annoncer une perte de 1,1 milliard d'euros, sa division pneumatiques, elle, n'est pas dans le rouge. Claude Gewerc a annoncé mercredi soir qu'il se rendrait ce jeudi matin à 8h sur le site de Clairoix. Il en appelle « solennellement au Président de la République » lui demandant de « mettre tout en œuvre pour obliger le groupe à revenir sur sa décision ». Quant à Caroline Cayeux, présidente du groupe UMP-nouveau centre et indépendants au Conseil régional, elle s'est également dite « consternée ». Elle ajoute avoir d'ores et déjà contacté le secrétaire CFTC du CE de l'usine pour « envisager avec lui les modalités d'action possible ». Enfin, elle a adressé une lettre à Angela Merkel et à Nicolas Sarkozy leur demandant « d'intervenir directement pour sauver ces emplois ». En attendant, elle appelle les Picards à un « rassemblement » devant l'usine de Clairoix lundi 16 mars à 18h.
De notre correspondante en Picardie, Claire Garnier
12:03 Publié dans FICHES PLAN SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Ecrire un commentaire