01.10.2008
PLAN SOCIAL KLARIUS DREUX, 248 FAMILLES.

248 emplois liquidés chez Klarius, à Dreux
Publié le 20 septembre 2008 - 00:18
Le tribunal de Nanterre a prononcé la liquidation de l'usine, hier. Pour les 248 salariés qui restaient, l'histoire Rosi-Klarius s'arrête. La plupart se sentent abandonnés par le directeur et le maire.
Ce qui frappe surtout, c'est le silence et ces kilomètres de rayons sur lesquels sont entreposés des pièces ou des pots d'échappement flambant neufs. Sur les postes de travail, il n'y a plus une âme qui vive, parfois des pièces sont encore posées là, prêtes à être transformées. C'est comme si une catastrophe naturelle s'était abattue sur l'usine Klarius et avait stoppé toute activité brutalement.
Dans les grandes allées parfaitement entretenues, il y a encore des caristes qui transportent du matériel mais la production est bel et bien arrêtée. Beaucoup de salariés sont encore là mais l'écoeurement est de mise, aussi bien dans les rangs des ouvriers que dans ceux des employés des bureaux.
La liquidation de leur usine a été prononcée, mercredi matin, par le tribunal de commerce de Nanterre. Ce sont 248 emplois qui vont encore disparaître. Et tous se sentent abandonnés, livrés à eux-mêmes. Abandonnés par la direction d'abord. « Francis Adam est parti comme un voleur, vendredi dernier. Il a laissé sa voiture de fonction et ses clefs, il est parti sans rien dire, alors qu'il nous avait promis qu'il serait là jusqu'au bout », regrette Josée. Elle n'est pas la seule à faire ce constat amer : tous les salariés croisés dans les allées de l'usine en veulent au directeur pour sa fuite, même ce jeune homme du service financier qui vient faire « un dernier tour dans l'usine » ne comprend pas cette attitude.
« De toute façon, il avait donné sa démission en juillet. Il n'y croyait plus. Mais ce n'est pas avec ce genre de conviction qu'on peut sauver une entreprise ou convaincre un repreneur de la reprendre ! »
Un million d'euros en 8 jours
Tous sont pourtant convaincus qu'il y avait encore de l'espoir pour Klarius. C'est le cas de Patrick qui annonce à ses camarades d'infortune que « Peugeot vient de passer une commande de sept cents pots. On a toutes les pièces, on a tout ce qu'il faut pour répondre à la demande ». Pour eux, l'usine était viable « même s'il fallait en passer par de la suppression d'emplois ». Mais une liquidation, c'est inconcevable pour Pietro qui a commencé à travailler là à l'âge de 16 ans, pour ses collègues qui, en une semaine, « ont fait un million d'euros qui serviront à financer la prime de retour à l'emploi ».
Mais alors, s'interrogent-ils tous, ne pouvait-on pas continuer sur le même rythme au lieu de fermer leur usine ? Pour certains, c'est trente ans de vie qui s'envolent en fumée. Corinne se demande bien comment elle va faire pour s'habituer à une autre usine et comment elle va faire « pour un entretien d'embauche. J'en ai jamais fait ! » Josée, elle aussi, a plus de vingt ans de boutique. « J'ai respiré tellement d'amiante que je fais des infections pulmonaires. Mais à la médecine du travail , on m'a rassurée : "on m'a dit que mon cancer des poumons serait pris en charge à 100 %". Tu parles d'une consolation, et en plus on vous jette au bout du compte ! »
Abandonnés par leur patron, abandonnés aussi par les élus locaux. « Ils sont pas venus nous voir eux non plus. On est seuls face à nous-mêmes. Pas l'ombre du maire, pas l'ombre d'un élu de son équipe. Ils auraient quand même pu venir, par solidarité, après tout, c'est l'industrie de leur ville qui fout le camp. On est seuls, seuls ! » Si l'amertume est de mise, les salariés gardent quand même l'esprit combatif. On entendra encore parler de Klarius mais devant les tribunaux !
Valérie Beaudoin
12:54 Publié dans FICHES PLAN SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : klarius, dreux, licenciements, plan, social


