04.03.2008

LIQUIDATION EXPRESS LENOIR ET MERCIER, 132 FAMILLES.

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4 mars 2008

Bogny-sur-Meuse 

Lenoir-et-Mernier : c'est fini ! 132 salariés à la rue

LE sort de Lenoir-et-Mernier était « plié » depuis mardi quand Pascal Massena, seul candidat susceptible de présenter un plan de redressement, a jeté l'éponge. Signe avant-coureur d'une fermeture.
La décision prise, hier, par le tribunal de commerce de placer le groupe bognysien en liquidation judiciaire n'a donc surpris personne.
Cette mesure laisse 132 salariés sur le carreau dans un secteur géographique où le syndrome de Thomé-Génot est encore dans toutes les mémoires. Une bonne partie du personnel va rejoindre les 400 chômeurs déjà répertoriés par l'ANPE à Bogny-sur-Meuse.
 

 « C'est un drame économique et humain. Maintenant, la priorité va à la sauvegarde d'un maximum d'emplois et à d'éventuels projets de reprise. En se méfiant des prédateurs » souligne Erik Pilardeau. Le choc est rude pour ces 132 travailleurs persuadés de payer là une mauvaise gestion de l'entreprise, d'ailleurs relayée par différents audits. A l'énoncé du jugement, la colère prend d'ailleurs le dessus sur l'abattement. La vindicte vise les deux dirigeants du groupe. A savoir : Philippe Jarlot, l'ancien Pdg, un moment pris à partie par un ouvrier et son associé, Pascal Massena, qui, le matin, avait présenté un ultime plan de cession-reprise avec le soutien d'un fonds d'investissement américain. « Un énième projet sorti de son chapeau » ironise un salarié.


Mais le tribunal n'est pas dupe. Comme en attestent ses conclusions : « Il résulte des explications du juge commissaire qu'aucun plan de redressement n'est possible en l'état actuel de l'actionnariat et que la recherche d'autres actionnaires susceptibles de recapitaliser la société est demeurée vaine ». La tristesse se lit alors sur tous les visages. Les échanges sont même parfois assez vifs entre délégués syndicaux et élus de terrain.
Jean-Paul, responsable de fabrication, ne cache pas son amertume. « Subir cela alors qu'on sait l'usine viable, c'est très dur. Les collectivités ne nous ont laissé aucune chance. Je crains des actions plus radicales ».


Martine, 46 ans, mère de deux enfants, voit l'avenir d'un mauvais œil : « La situation n'est pas belle. Ça craint pour l'avenir. Je vis ça très mal après 22 ans dans l'entreprise ». Claude Barbette, 56 ans, le doyen de la « boutique » est atterré. « La boîte ce n'est pas qu'un simple gagne-pain. J'y ai passé 41 ans à divers postes. C'était notre monde à nous. Cette annonce est un crève-cœur. Il ne restera bientôt plus que des souvenirs. Je me fais du souci pour les plus jeunes, dont mon fils : Damien ».

Après s'être donné rendez-vous ce matin pour occuper les différents sites de production, les Lenoir-et-Mernier ont adressé une sortie spéciale à Philippe Jarlot qui a dû quitter le Palais de justice, escorté par la police et sous les jets d'œufs… D'ici la date butoir du 20 février, diverses offres de reprise devraient parvenir au liquidateur judiciaire. Pour combien d'emplois sauvegardés ? That is the question…

Au terme des délibérations du tribunal de commerce, le délégué syndical CFDT et secrétaire du comité d'entreprise de Lenoir-et-Mernier, Claude Choquet, a lu un émouvant et vibrant : « J'accuse » applaudi à tout rompre par la centaine de salariés présents au Palais de justice.

Extraits :
 « J'accuse le Pdg d'avoir développé la stratégie du vautour en reprenant régulièrement des entreprises en liquidation judiciaire (LCAB, Sofinbo, Gérard Bertrand, Dauvin, Venturini, Jayot) et racheté ces entreprises pour une bouchée de pain en bénéficiant d'aides de l'Etat ».
« J'accuse le tribunal de commerce d'avoir distribué ces entreprises, comme on distribue des cacahuètes à un singe ».
« J'accuse le Pdg d'avoir endetté les entreprises de 6 millions d'euros et épuisé les réserves… et d'avoir pillé le parc machines et le stock métal ».
« J'accuse le Pdg d'avoir dépossédé l'entreprise de son patrimoine en se vendant à lui-même les bâtiments Lenoir et LCAB pour 700.000 euros ».
« J'accuse le Pdg d'avoir effectué en 2006 une progression de 10 % des cinq plus gros salaires alors que l'entreprise accusait un déficit de 700.000 euros ».
« J'accuse le Pdg d'avoir favorisé l'embauche des copains et de la famille au détriment de la recherche de compétence ».
« J'accuse le conseil général d'avoir accordé sans contrôle un prêt de 300.000 euros… et d'avoir abandonné les salariés à cause de ce prêt non remboursé ».
« Abandonnés, trahis, volés, il ne nous reste plus que notre colère pour obtenir réparatioN

http://www.lunion.presse.fr/index.php/cms/13/article/1007...

Ou l'on retrouve les pratiques douteuses de certain patron :

Article paru
le 22 février 2008
Dans les Ardennes, les 160 salariés d’un petit conglomérat d’usines de boulons, placé en liquidation judiciaire, demandent à l’UIMM de payer pour leur préjudice moral.

Bogny-sur-Meuse (Ardennes), envoyés spéciaux.

Silence dans la vallée, acte 2… Le long des méandres de la Meuse, au coeur des forêts ardennaises, les vautours et les hyènes gardent le moral, eux. Dans le décor, les ouvriers apparaissent désormais pour ce qu’ils sont : la principale espèce menacée de l’écosystème. Qu’elles reprennent ou continuent, les affaires sont les affaires. Après le saccage des ateliers d’estampage Thomé-Génot à Nouzonville, démantelés en octobre 2006 suite aux détournements savamment orchestrés par un noyau d’affairistes américains, voici le tour d’un conglomérat de petites boîtes métallurgiques (Lenoir-et-Mernier, FAV-LCAB, Dauvin, Gérard-Bertrand et Jayot), à Bogny-sur-Meuse, rachetées à prix cassés lors de procédures judiciaires et, en quelques années, méthodiquement pillées pour financer les opérations successives puis elles aussi placées en liquidation depuis le 7 février (lire ci-contre). Mais cette fois-ci, l’architecte du désastre est un vrai gars du coin.

Vieille connaissance de la bonne société ardennaise, Philippe Jarlot a été conseiller prud’homal dans le contingent des employeurs, et il demeure représentant de la CGPME à l’URSSAF et adhérent du Syndicat des industriels métallurgistes Ardennais (SIMA, rebaptisé récemment UIMM Ardennes) et du MEDEF. Et quand - ironie de l’histoire - ce patron du cru propose de racheter pour 8 000 euros un site annexe de Thomé-Génot, Jayot à Gespunsart, le tribunal de commerce n’a pas l’outrecuidance de lui poser trop de questions. « On a toujours fait comme ça avec lui, on lui a offert des boîtes sur un plateau sans lui demander de comptes, observe Xavier Médeau, avocat des Thomé-Génot et, aujourd’hui, des Lenoir-et-Mernier. Lors du rachat de Jayot, j’étais présent à l’audience et je me souviens que l’administrateur judiciaire a expliqué qu’on connaissait bien Philippe Jarlot, qu’il était digne de confiance, pour justifier qu’on ne réclame ni plans ni comptes d’entreprise. La procédure n’a pas été respectée et je réfléchis à l’opportunité d’une action judiciaire pour faire établir la faute de l’État… » Quelques semaines plus tard, en décembre 2006, Benoît Huré, le président (UMP) du conseil général des Ardennes, ne lésine pas sur les mots louangeurs pour saluer « la formidable leçon d’espoir apportée par Philippe Jarlot » dans un département sinistré. Dans la foulée, le conseil général lui octroie 300 000 euros d’aides publiques, contre la promesse de trente emplois. Cet engagement, comme les autres, ne sera jamais tenu : à peine cinq mois plus tard, au début de mai 2007, c’est le dépôt de bilan… Et aujourd’hui, à Bogny-sur-Meuse, dans le berceau historique de la fabrication industrielle de boulons, les 160 salariés des entreprises de boulonnerie Lenoir-et-Mernier, FAV-LCAB et autres sont à la rue, dans une colère noire, avec leur carnet de commandes bien fournis, mais plus un radis pour faire tourner les boutiques.

La suite :

http://www.humanite.fr/2008-02-22_Politique_Patrons-voyou...

http://atg-association.over-blog.com/article-16850092.html