Etranglé par des problèmes de trésorerie, le spécialiste niortais de la vente à distance d'ameublement a déposé son bilan, entraînant celui de son ancienne maison mère, la coopérative Camif SA.
Le groupe niortais Camif Particuliers et son ancienne maison mère Camif SA déposent leur bilan. En proie depuis des années à de graves difficultés économiques et financières, le spécialiste de la vente à distance d'ameublement Camif Particuliers, qui emploie 780 personnes, a annoncé hier avoir été contraint de se déclarer en cessation de paiements, invoquant des « tensions de trésorerie » et le « contexte de crise économique ».
Ancienne filiale de vente aux particuliers du groupe mutualiste Camif, la société avait été rachetée à hauteur de 66 % du capital en décembre dernier par le fonds d'investissement Osiris Partners, spécialisé dans la reprise d'entreprises en difficulté. L'ancienne maison mère Camif SA conservait les 34 % restants. Le sauvetage avait coûté près de 50 millions d'euros à Camif SA, Osiris apportant pour sa part 25 millions. Cet effort s'inscrivait dans le cadre d'un projet de retour à l'équilibre d'exploitation en 2009. Mais, à la fin juin, la trésorerie de Camif Particuliers se dégradait à nouveau du fait d'une baisse très forte de l'activité. Aussi, les deux actionnaires convenaient-ils en août d'une nouvelle augmentation de capital de 6 millions d'euros, dans le cadre d'un budget ramenant l'objectif annuel de chiffre d'affaires de 310 à 230 millions. Or, souligne Camif Particuliers, « après des mois de juillet et août conformes aux prévisions, l'activité du mois de septembre a été affectée notamment par l'annonce d'un plan social rigoureux », portant, de source syndicale, sur 365 suppressions d'emplois. Puis, « en dépit d'une reprise de l'activité en octobre », la situation de la trésorerie était une nouvelle fois devenue intenable.
Plan d'équilibre pour 2009-2010
Le dépôt de bilan de Camif Particuliers, hier matin, a entraîné quelques minutes plus tard celui de Camif SA. Lors d'une conférence de presse à Niort, son président, Louis Mallet, a annoncé que la coopérative qui emploie quelque 200 personnes s'est à son tour déclarée en cessation de paiements. Camif SA indique en effet ne plus disposer de réserves après la recapitalisation de son ancienne filiale à la fin 2007. En outre, Camif Particuliers ne la rémunère plus pour les prestations effectuées pour son compte (informatique, comptabilité, charges locatives, redevance de marque). Camif SA, qui avait également en août lancé un plan social portant sur 144 suppressions de postes, propose au tribunal de commerce de Niort « un plan d'équilibre pour 2009 et 2010 ». Le tribunal se réunira en début de semaine prochaine. Outre sa participation dans Camif Particuliers, la coopérative gère quatre filiales (Camif Collectivités, Camif Habitat, Romactis et Léon Fargues) qui ne sont pas concernées par la procédure.
Cette double faillite intervient dans un contexte très tendu pour les groupes de vente à distance : mardi, La Redoute a annoncé un plan d'économies devant se solder par la suppression de 672 postes







