05.03.2008

RESTRUCTURATION MAROQUINERIE THOMAS, 39 FAMILLES

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AUBERVILLIERS.

Le sous-traitant de Vuitton licencie 39 ouvriers Julien Duffé

jeudi 28 février 2008 | Le Parisien

La société de maroquinerie de luxe Auguste Thomas transfère son atelier en Côte-d'Or. Les salariés refusent d'être délocalisés.

DEPUIS des années, ils confectionnent des porte-monnaie et des sacs Louis Vuitton vendus à prix d'or dans les beaux quartiers. Mais dans quelques semaines, ils pointeront vraisemblablement au chômage. 39 ouvriers de la société de maroquinerie Auguste Thomas, principal sous-traitant de Louis Vuitton, installé sur le site des EMGP d'Aubervilliers depuis six ans, sont menacés de licenciement.

Une procédure déclenchée en octobre par leur patron qui veut délocaliser la production de l'atelier... à Semur-en-Auxois (Côte-d'Or), à 80 km de Dijon, où se trouve la plus grosse des usines du groupe. Un déménagement qu'aucun des ouvriers d'Aubervilliers n'a accepté. " On nous demande de tout quitter alors que nos conjoints travaillent dans la région, nos enfants font des études ici. ", lâche Kamel, 51 ans, entré à 15 ans et qui pensait rester dans l'entreprise jusqu'à la retraite.

Soutenus par l'union départementale Force ouvrière, les salariés ont d'abord tenté la négociation. Leurs délégués réclament depuis des mois une indemnité complémentaire. Après leur avoir d'abord proposé 40 € par année d'ancienneté, l'employeur leur alloue finalement 300 € et refuse d'aller plus loin.

" Nous sommes révoltés d'être jetés comme ça "

" Une misère ", dénoncent les ouvriers qui ont envoyé une lettre au PDG de LVMH, Bernard Arnault, et annoncent une manifestation le 6 mars devant le siège de Vuitton à Paris. " On fabrique les sacs les plus chers du monde, et on nous propose 300 € : c'est lamentable, proteste Rachid Cherigui, délégué syndical. On réclame au moins 2 000 € par an. " Pour l'instant, leur mobilisation a seulement eu pour effet de retarder le plan de licenciement dont l'exécution reste suspendue à la décision du tribunal de grande instance de
Bobigny saisi en référé par la direction. Sa décision est attendue le 19 mars.

En attendant le couperet, les ouvriers qui sont restés " disciplinés " pendant des années, ont décidé de se battre. " Nous sommes révoltés d'être jetés comme ça, lance la chef de production Eliane, 50 ans, dont trente ans au service d'Auguste Thomas. On nous a traités de vieux qu'on ne pouvait plus former alors qu'on n'a jamais raté un modèle. J'ai la haine. " Philippe, " vingt ans de maison ", travaille ici avec sa femme. " J'ai du mal à réaliser ce qui nous arrive ", lâche-t-il. " Où est-ce qu'on va retrouver du travail ? interroge Kamel. Toutes les entreprises de maroquinerie ferment ou sont délocalisées. "

Le PDG de l'entreprise, Thierry Thomas, qui préfère parler de " décentralisation " du site, rappelle qu'il a proposé du travail à tous les salariés dans les cinq usines de province qu'il dirige à Troyes (Aube), Bapaume (Nord), Montmirail (Marne), Saulieu et Semur-en-Auxois (Côte-d'Or). Et se dit ouvert à la discussion. " Je suis prêt à reprendre les négociations et à les aider à retrouver un travail. Mais aujourd'hui, les salariés sont dans un refus systématique. Et je ne discute jamais face à une position de force. " Le site Internet de la maroquinerie Thomas " fabricant d'articles de voyage et de maroquinerie de luxe depuis 1937 " revendique 750 salariés, 80 000 articles fabriqués par mois et un chiffre d'affaires de 300 M€.

http://www.leparisien.fr/home/maville/articles.htm?articl...

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Soutien aux grévistes de la maroquinerie d'A. Thomas.

Jeudi dernier, Jacques SALVATOR, Evelyne YONNET, Daniel GOLDBERG et Jean François MONINO sont allés à la rencontre des ouvriers de la société de maroquinerie Auguste Thomas, principal sous-traitant de Louis Vuitton, installé sur le site des EMGP d'Aubervilliers. Entreprise de 46 salariés dont 36 travaillent sur site réellement, la moyenne d'âge des ouvriers est de 52 ans. 6000 sacs par jour passent entre leurs mains.

E n grève contre le projet de fermeture de leur entreprise pour délocalisation, Rachid CHERIGUI, délégué du personnel et les salariés ont présenté aux élu(e)s locaux les conditions proposées par le PDG Thomas THIERRY, récidiviste en la matière : 300€/années d'ancienneté ! Le collectif des grévistes se bat pour des indemnités de 2000€/années d'ancienneté correspondant à l'abandon de leur poste de travail, au déménagement de leur famille vers des lieux en province, au changement de vie brutal et sans garantie durable acques SALVATOR et Daniel GOLDBERG ont alerté la presse sur ce conflit et le maire de Sémur-en-Auxois, commune susceptible d'accueillir les salarié(e)s. Une intervention en direction du PDG est en cours et une manifestation de soutien est organisée, jeudi 6 mars, devant le magasin Louis Vuitton des Champs Elysées.

http://sitesdecampagne.adminet.fr/soutien-aux-grevistes-d...